La posture du cobra (bhujangasana) : origines, bienfaits et conseils
Qu'est-ce que la posture du cobra et quelles sont ses origines ?
La posture du cobra fait partie des postures d'extension du dos en position allongée sur le ventre. Ce sont des postures qui demandent souvent beaucoup d'engagement et qui ne sont pas toujours les plus "agréables" ou démonstratives… mais elles sont très efficaces pour renforcer le dos, ouvrir l'avant du corps et soutenir une posture plus verticale au quotidien.
Bhujangasana (bhujanga = serpent, asana = posture) évoque l'image du cobra qui se redresse avec calme et puissance. Dans la symbolique indienne, le serpent représente l'éveil, la vigilance et l'énergie intérieure qui se déploie. La posture du cobra traduit bien cette idée : une montée progressive, consciente, sans brusquer le corps.
Comment pratiquer la posture du cobra ?
Il existe plusieurs manières d'aborder la posture du cobra, selon votre niveau, votre énergie du moment et l'état de votre dos. Voici trois étapes progressives.
Version 0 : la micro-extension (idéale pour débuter ou en cas de lombaires sensibles)
Allongez-vous sur le ventre, jambes allongées derrière vous. Les mains sont posées sous les épaules, les coudes proches du corps.
Les pieds peuvent être joints ou laissés à la largeur du bassin — cette dernière option est souvent plus confortable, en particulier pour les femmes dont le bassin est naturellement plus large.
Engagez légèrement les jambes en pressant le dessus des pieds dans le sol.
Gardez la nuque longue, le regard vers le sol. À l'inspiration, décollez simplement la tête de quelques centimètres, puis éventuellement le haut du sternum. Le mouvement est très petit.
L'objectif est de sentir le travail des muscles du dos, sans créer une grande flexion. Cette version est particulièrement intéressante si vous avez des tensions ou une sensibilité dans le bas du dos.
Version 1 : le cobra sans pousser dans les mains
Depuis la même position de départ, pressez le dessus des pieds dans le sol et engagez les jambes.
À l'inspiration, soulevez la poitrine grâce au travail des muscles du dos, sans pousser dans les mains. Les mains restent légères, presque comme un repère.
Les épaules restent loin des oreilles, la poitrine s'ouvre vers l'avant.
La nuque reste longue, le regard légèrement vers le sol pour éviter de comprimer la nuque.
Vous pouvez rester quelques respirations en statique (travail isométrique) ou redescendre à l'expiration et répéter plusieurs fois en mouvement.
Version 2 : le cobra avec un léger appui des mains
Dans cette version, les mains participent un peu plus au mouvement. À l'inspiration, après avoir décollé la tête et le haut du buste, poussez légèrement dans les mains, avec l'intention d'allonger le buste vers l'avant plutôt que de monter vers le haut.
Les coudes restent fléchis. Les jambes restent actives, les pieds pressent dans le sol, ce qui aide à protéger le bas du dos.
Le visage reste détendu, la nuque longue, le regard glissant vers le sol ou légèrement devant vous.
À ne pas confondre avec…
La posture du cobra est souvent confondue avec d'autres postures proches :
- Le chien tête en haut (Urdhva Mukha Svanasana), où les genoux sont décollés et où l'engagement des bras et des jambes est beaucoup plus important.
- La sauterelle (Shalabhasana), où les jambes se décollent du sol et où le travail se concentre davantage sur l'arrière du corps.
Dans le cobra, le bassin et les jambes restent au sol, et l'extension du dos est plus progressive.
Est-il possible d'adapter la posture du cobra en fonction de mon niveau ou de mes besoins ?
Oui, et c'est même essentiel.
Vous pouvez jouer sur :
- La hauteur de la montée : rester dans la version 0 ou 1 si le bas du dos est sensible.
- Le rythme : pratiquer en mouvement, en montant à l'inspiration et en redescendant à l'expiration, ou rester quelques respirations en statique.
- L'écartement des pieds : certaines traditions gardent les pieds joints, mais une largeur de bassin est souvent plus respectueuse de la morphologie, notamment pour les femmes.
- L'engagement des jambes : presser le dessus des pieds dans le sol aide à stabiliser le bassin et à répartir l'effort sur tout le dos.
Quels sont les bienfaits de la posture du cobra ?
- Elle renforce les muscles du dos, en particulier les muscles posturaux profonds
- Elle ouvre la poitrine et libère les tensions accumulées à l'avant du corps
- Elle aide à redresser la posture dans la vie quotidienne
- Elle stimule la respiration en créant plus d'espace dans la cage thoracique
- Elle favorise une sensation d'énergie et de vitalité
- Elle peut contribuer à soulager certaines tensions légères du haut du dos (en dehors des phases inflammatoires)
Quelles contre-postures après la posture du cobra ?
Après une posture d'extension, il est important de proposer au dos un mouvement inverse, plus neutre ou légèrement en flexion.
La posture de l'enfant (Balasana) est idéale pour étirer et décompresser le bas du dos. Restez quelques respirations, en laissant le ventre se relâcher vers les cuisses.
La posture d'Apanasana (allongé sur le dos, genoux ramenés vers la poitrine) permet aussi de détendre la zone lombaire en douceur.
Ces contre-postures aident le dos à retrouver une sensation d'équilibre après le travail d'extension.
Y a-t-il des contre-indications à la posture du cobra en yoga ?
La posture du cobra doit être pratiquée avec prudence en cas de douleurs lombaires importantes, de hernie discale en phase aiguë ou d'inflammation du dos. Dans ces cas, restez sur la version 0 ou demandez l'avis d'un professionnel de santé.
Évitez également les extensions trop marquées pendant la grossesse, surtout à partir du deuxième trimestre.
Comme toujours en yoga, l'essentiel est de respecter vos sensations : une posture peut demander de l'effort, mais ne doit pas provoquer de douleur vive ou persistante.


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